<span id="1"></span>***Apprendre le hongrois : est-ce possible ? ***

**Une langue pas comme les autres :
**
Le hongrois a la réputation d’être une langue inapprenable. Pourtant, il existe de nombreuses méthodes de hongrois et
certaines d’entre elles sont même très populaires, comme la méthode *Assimil* avec *Le hongrois sans peine*. Les auteurs du
*Hongrois  sans  peine*  ont  publié  également  *Le  hongrois  tout  de  suite*  avec  comme  sous-titre :  *Pour  être  rapidement *
*opérationnel*.  Ces  titres  laissent  entendre  que  le  hongrois  peut  s’apprendre  sans  peine  et  rapidement.  Qu’en  est-il  au
juste ?

Je pense que l’on peut dire ceci : il est certes possible d’apprendre le hongrois, mais sans peine et rapidement, c’est peut-
être vite dit.

Car  il  faut  bien  le  dire,  le  hongrois  est  une  langue  très  difficile.  Et  pourtant,  bien  des  choses  dans  cette  langue  sont
étonnamment faciles comme on le verra plus bas.

Le  hongrois  nous  paraît  difficile  car  ce  n’est  pas  une  langue  indo-européenne  comme  le  sont  les  langues  latines,
germaniques, slaves, et tant d’autres. Ce qui veut dire que le hongrois ne ressemble ni au français, ni à l’allemand, ni au
russe,  ni au grec,  ni à aucune  autre  langue,  pas même  au finnois ou à l’estonien qui font  pourtant  eux aussi partie des
langues finno-ougriennes.

**Une langue à déclinaisons :
**
Quelles  sont  pour  un  francophone  les  principales  difficultés  du  hongrois ?  Certains  diront :  les  déclinaisons.  Le  hongrois
détient effectivement le record mondial de cas de déclinaison :
le  nominatif  –  l’accusatif –  le  datif –  l’instrumental  –  le  final –  le  transformatif –  le  superessif –  le  sublatif –  le  délatif –
l’inessif – l’élatif – l’illatif – l’adessif – l’allatif – l’ablatif – le terminatif – le modal – l’essif – le temporel – le comitatif – le
distributif temporel – le distributif – le modal (soit 23 cas au
total, contre 6 seulement en latin et 4 en allemand).

A vrai dire, la déclinaison hongroise n’est pas si difficile que cela et on s’y fait très vite. Je dirais même que la difficulté du
hongrois réside non pas dans le nombre élevé de cas, mais plutôt dans l’absence d’un cas de déclinaison qui existe dans
plusieurs langues  mais qui manque  en hongrois, à savoir : le génitif. Cette  absence  de  génitif est une  vraie difficulté  en
hongrois comme on le verra plus loin.

**Une langue agglutinante :
**
Vous  avez  entendu  dire  que  le  hongrois  était  une  langue  agglutinante.  C’est  exact.  C’est-à-dire  que  tout  ou  presque
fonctionne avec des suffixes de toutes sortes (suffixes
casuels, c’est-à-dire correspondant à des cas de déclinaison, suffixes
possessifs  (59  en  tout),  suffixes  indiquant  le  pluriel,  etc.)  qui  s’agglutinent  derrière  les  mots.  Il  y  a  aussi  les  infixes  qui
s’intercalent à l’intérieur d’un verbe ou les préfixes qui s’attachent aux verbes, non pas derrière mais devant, et que l’on
appelle préverbes et qui s’en détachent dans des cas bien déterminés.

**Une langue « à l’envers » :
**
Une difficulté pour un francophone est parfois (pas toujours) l’ordre des mots. J’aime à dire que les Hongrois écrivent de
gauche à droite mais pensent de droite à gauche.
En voici un exemple :

**Egy születése óta vak ember**, ce qui veut dire : *Un homme aveugle
depuis sa naissance*.
                                                        Mais mot à mot, c’est : *\[un naissance-sa
depuis aveugle homme\]*.
1


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<span id="2"></span>Dans cette  expression, l’ordre  des mots est l’inverse du français. Parler hongrois, pour un francophone, cela exige  donc
une énorme gymnastique mentale.

Autre exemple : **nevében**
\= *en son nom* *\[litt. nom-son-en\]* : l’ordre inverse du français.

Et puisqu’on est avec cette expression **nevében**, remarquons encore une difficulté : une voyelle longue qui devient brève
et une voyelle brève qui devient longue :


     **név** = *nom*
→ **neve** = *son nom*

(la voyelle longue **-é-** devient brève à la forme possessive)
→ **nevében** = *en son nom*
(le suffixe possessif **-e** s’allonge devant le suffixe **-ben** et devient **-é-**).

Là encore, c’est une question d’habitude et c’est moins difficile
qu’il n’y paraît.

**Une langue sans complément de nom :
**
Comme je le dis un peu plus haut, l’absence de génitif en hongrois est une réelle difficulté. En français, on ne parle pas de
génitif  mais  de  complément  de  nom.  En  lieu  et  place,  on  utilise  en  hongrois  la  forme  possessive. Les  francophones ont
beaucoup de mal à s’y habituer, tellement cette forme possessive leur
paraît anti-naturelle.

Par exemple, *la fin du monde* sera *le monde sa
fin*, ou plutôt *\[le monde fin-sa\]* : **a világ vége** ;

         *les ailes de
l’avion* *\[l’avion ailes-ses\]* : **a repülőgép szárnyai** ;

        *le chapeau de ma femme* *\[la femme-ma-à  le
chapeau-son\] *: **a feleségemnek a kalapja**.

Et puisqu’on est dans la forme possessive, disons
un mot du double pluriel possessif.
En hongrois, le pluriel est toujours marqué  par la lettre  finale  **-k**, aussi bien pour les  noms que pour les adjectifs ou les
verbes ou presque tous les pronoms. Il y a cependant une exception : c’est le pluriel des « objets possédés » (objet au sens
grammatical du terme) qui est caractérisé par la
voyelle **-i-** que l’on intercale entre le
nom et le suffixe possessif.

Par exemple : **gyerek** = *enfant*    (ici,
le **-k** fait partie du nom et n’est pas
la marque du pluriel) ;
*mon enfant*   :**gyerekem**
*mes enfants* : **gyerekeim**
*notre enfant* : **gyerekünk** (ici, le **-k** final indique qu’il y a
plusieurs « possesseurs » : le père et la mère) ;
*nos enfants* : **gyerekeink** (dans
ce cas, on a le double pluriel : le **-i-** intercalé indique qu’il y a plusieurs
enfants et
   le **-k** final
indique qu’il y a aussi plusieurs – deux en l’occurrence – parents).

Il existe  en tout  59 suffixes possessifs : ils varient  selon le nombre (singulier ou pluriel), selon la personne  (moi, toi, lui,
nous, vous, eux) et selon la couleur (sombre, claire ou mixte).

**Une langue en couleurs :
**
Car il y a en hongrois trois couleurs de mots : les mots sombres (p. ex. **orvos   **
\= *médecin*), les mots clairs (p. ex. **gyerek** =
*enfant*) et les mots mixtes (p. ex. **gyűjtő **=** ***collectionneur*). Et les suffixes qui s’agglutinent au mot doivent être de la même
couleur. Il s’agit à vrai dire de nuances plutôt que de couleurs.
Les voyelles sombres sont : **a **–** á **–** o **–** ó  **–** u **–** ú**
Les voyelles claires sont : **e **–** é **–** i **–** í
**Les voyelles mixtes sont :** ö **–** ő **–** ü **–** ű**
Mais le hongrois ne serait plus le hongrois s’il n’y avait pas
d’étonnantes exceptions :
le verbe **iszik** = *boire*, bien que comportant deux voyelles claires,
a une conjugaison sombre ;
de même le verbe **ír** = *écrire*.

** **
** **
2


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<span id="3"></span>**Une langue sans verbe *avoir* :
**
Une autre difficulté majeure est l’absence de verbe *avoir*. En
français, on utilise le verbe *avoir* en permanence :
*j’ai un livre, j’ai raison, j’ai envie,
j’ai besoin*, *j’ai beaucoup d’amis, *etc.

En hongrois, on utilise à la place le verbe *être* (**van**, pl. **vannak**), qu’on appelle le « verbe d’existence », accompagné de la
forme possessive :

Pour dire *j’ai un livre*, on dira **van könyvem**, *mon
livre existe*, litt.* \[existe livre-mon\]*.
De même : *tu as
un livre* se dira **van könyved ** ,*\[existe livre-ton\]*.

Autrement dit, le mot **könyv** = *livre* se conjugue comme un verbe. Oui, la forme possessive se conjugue comme un verbe.
En hongrois, on a l’impression que tout se conjugue. Cela
surprend toujours les francophones \!

Pour des phrases aussi simples que celles ci-dessus, ça va encore, mais
dès qu’il y a un subjonctif ou un conditionnel, il faut
s’y reprendre à plusieurs fois.

Par exemple : **Bárcsak nekem jó szerszámaim lennének\!**  *Si seulement
j’avais de bons outils \!*
Même  après  des  années  de  hongrois,  cette  phrase  pourtant  assez  simple  a  bien  du  mal  à  être  comprise  à  la  première
lecture…

Et je mets au défi tout étudiant de hongrois de traduire spontanément
la phrase suivante sans se tromper :

*Je sais ce dont j’ai besoin*.
Eh bien cela se dit ainsi :

**Tudom, mire van szükségem**, litt. *\[Le-sais, quoi-vers existe
besoin-mon\]*.

Mais voici le pire (ou le mieux, c’est selon) : cette petite phrase
simple qui déroute tellement les étrangers :
**       **
**Ami vagyok és amim van   ***Ce que je suis et ce que j’ai *
Dans cette phrase, ce n’est pas **ami vagyok** = *ce que je suis* qui
est déroutant.
C’est **amim van** = *ce que j’a *, litté
*i*
ralement *\[mon ce-que existe\]*.
Tous les étrangers, notamment ceux dont la langue maternelle est indo-européenne, sont complètement déroutés par ces
deux petits mots hongrois. Il y a pourtant une logique certaine dans ces deux petits mots. Et on dira de même : **amid van,
amije van,** stb. *ce que tu as, ce qu’il a,* etc.
* *
Et cette autre phrase de deux mots encore plus déroutante avec le verbe **nincs** (la négation de **van**, étrange verbe défectif
qui n’existe qu’à la 3e personne du singulier et du pluriel
de l’indicatif présent : le « verbe de non existence ») :

**Nincs semmink**   *Nous n’avons rien  *litt. *\[Notre rien n’existe
pas\]*

En bref, l’absence de verbe *avoir* en hongrois est de très loin la plus
grosse difficulté pour l’étudiant étranger.

**Une langue avec une double conjugaison :
**
La  langue  hongroise  possède  une  double  conjugaison  qui  est  peut-être  unique  au  monde.  A  savoir  la  conjugaison
subjective et la conjugaison objective. Cette dernière est utilisée s’il y a un complément d’objet direct précédé de l’article
défini ou d’un démonstratif. Dans le cas contraire, on emploie
la conjugaison subjective.

P. ex. : **Egy könyvet olvasok**   *Je
lis un livre*  mais  **A könyvet olvasom  ** *Je lis le livre*.

*Merci* se dit habituellement **Köszönöm** = *Je remercie*, avec conjugaison objective, car on remercie pour quelque chose de
déterminé ou défini :
**Köszönöm a könyvet**   *Je vous remercie pour le livre*.
Mais si l’on remercie pour quelque chose d’indéfini ou de global,
il faudra bien penser à utiliser la conjugaison subjective :
**ö**
**K szönök mindent**  *Merci pour tout*.
3


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<span id="4"></span>**Une langue qui se plaît à tout compliquer :
**
Une  autre  difficulté  est  le  verbe  *s’appeler*.  En  hongrois,  on  ne  dit  pas  *je  m’appelle*  mais  *ils  m’appellent*.  La  personne
appelée est à l’accusatif mais son nom est au datif. Il faut donc faire très attention \! Mais ce n’est pas la seule difficulté. Le
verbe *appeler* est à la forme subjective pour
les 1re et 2e personnes mais à la forme objective pour
la 3e personne.

Exemples :


*je m’appelle Olivier*

(**engem**) **Olivérnek hívnak**
(conjugaison subjective)

*tu t’appelles Frédéric*
 **téged Frigyesnek hívnak**
(conjugaison subjective)

*elle s’appelle Élisabeth*
**őt Erzsébetnek hívják**
(conjugaison objective)



Un petit piège : traduire : *Je m’appelle Pierre.
Et toi ?*         **Péternek
hívnak. És téged?  **(à l’accusatif)



La plupart des étrangers tomberont dans
le piège en disant : **És te?**

Parmi  les  difficultés,  mentionnons  encore  la  date  ou  l’heure :  énoncer  la  date  ou  dire  l’heure  en  hongrois  tourne  au
cauchemar pour un étranger.
De même désigner un autobus ou un tramway par son numéro.
Et même pour désigner une femme mariée, il y a tellement de possibilités – chacune ayant sa propre nuance – que cela en
devient cauchemardesque.

Pour en savoir davantage sur l’heure et la date, ou les numéros d’autobus, ou les femmes mariées, je renvoie à la rubrique
*« Comment dire en hongrois ? »*

**Une langue d’une logique déconcertante :
**
Dernière  difficulté  et  non  la  moindre :  les  préverbes.  Il  existe  en  allemand  des  verbes  à  particules  séparables  selon  un
système  propre  à  la  langue  allemande.  Les  préverbes  détachables  hongrois  obéissent  à  des  règles  très  différentes  qui
déroutent même les germanophones. Tous les étrangers ont donc beaucoup de mal
avec ces préverbes.

Donnons quelques exemples :


**Péter kimen **
**t**


*Pierre est sor *
*ti *

phrase neutre avec préverbe attaché

**Péter ment  **
**ki **

*C’est Pierre qui est sorti *
phrase avec élément accentué et préverbe détaché


**Péter ki akar menn ** **i**

*Pierre veut sorti *
*r*

phrase neutre avec préverbe détaché

**Péter akar kimenn ** **i**

*C’est Pierre qui veut sor *
*tir*
phrase avec élément accentué et préverbe attaché

La
présence d’un verbe auxiliaire (ici : **akar** = *vouloir*) inverse la
donne \! De quoi rendre fou un étranger…

Voilà pour les difficultés. Tout le reste (ou presque) est facile.

**Une langue …étonnament facile :
**
Après tout cet inventaire de difficultés, il paraît bien paradoxal de dire que le hongrois est une langue facile. D’ailleurs, à la
4e leçon de l’*Assimil hongrois*,
un policier interroge un touriste français :
**– Nehéz a magyar nyelv? – Nem, könnyű.**      *– Le
hongrois est-il difficile ? – Non, faci  *
*le.*
* *
Le hongrois, on vient de le voir, est certes une langue globalement difficile, mais une langue où tout n’est pas forcément
difficile. Certaines choses sont même très faciles : une langue phonétique – une langue sans concordance des temps – une
langue sans conjugaison passive – une langue sans genre grammatical – une langue presque sans pluriel – une langue avec
une conjugaison rudimentaire.

4


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<span id="5"></span>**Une langue phonétique :
**
L’orthographe hongroise est très facile : le hongrois
se prononce comme il s’écrit et s’écrit comme il se prononce.
A une exception près : **ly** et **j** se prononcent de la même manière. Et il n’y a pas
en hongrois de sons qu’un francophone ne
puisse  prononcer.  Il  y  a  quelques  mots  difficiles  à  prononcer,  tels  que  **férjnél**,  **ajánl**,  **segítsd**,  mais  ils  ne  sont  pas  trop
nombreux. Le digramme **gy** est parfois un peu difficile, surtout devant une consonne (p. ex. **vagytok**) ou en fin de mot (p.
ex. **vag **),
**y **mais facile devant une voyelle (p. ex. **vagyo **).
**k **

Les voyelles longues sont indiquées par un accent :
**á **–
**é **– **í** –
**ó **–
**ú **
Les voyelles à tréma (
**ö **–  )
**ü **,
lorsqu’elles sont longues, sont surmontées du tréma long ou double
accent :
**ő **–
**ű **

L’accent tonique est facile : tous
les mots hongrois, même ceux d’origine étrangère, sont accentués sur
la 1re syllabe.


**Une langue sans concordance des temps :
**
La langue hongroise ignore la concordance des temps. Quand on connaît les difficultés dans certaines langues dues à la
concordance des temps,
on ne peut que se réjouir de ne pas connaître ce genre de difficultés en hongrois. Comme quoi, le
hongrois n’est pas si difficile que ça.


**Une langue sans conjugaison passive :
**
Notons encore  qu’il n’y a pas, habituellement,  de  conjugaison passive  en hongrois, sauf dans quelques  rares cas. Il faut
donc transposer la phrase passive en phrase active.

P. ex. :
*Le courrier est distribué
par le facteur* deviendra : *Le facteur distribue
le courrier*
     *(C’est le facteur qui distribue le courrier  *
*)  *
*Le château a
été racheté par un milliardaire* deviendra : *Un milliardaire
a racheté le château*
 *(C’est un milliardaire qui a racheté le château)*.
Quand un étranger parle hongrois, il
faut donc qu’il s’adonne à cette petite gymnastique mentale de transposition \!
Mais en revanche, il n’a pas de forme passive à apprendre.


**Une langue sans genre grammatical :
**
Il n’y a pas de genre grammatical en hongrois : ni masculin, ni féminin, ni neutre.  Si l’on compare avec l’allemand ou le
latin et d’autres langues qui ont le masculin, le féminin et le neutre, on se dit que, finalement, le hongrois est  bien plus
facile.
C’est le contexte ou le bon sens qui permettent le plus souvent, pour les pronoms personnels, de faire la différence entre
le masculin et le féminin.


Exemple :


**Ő a vőlegényem és ő az édesanyám**
  *Lui, c’est mon fiancé et elle, c’est ma mère *

** **
** **
5


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<span id="6"></span>**Une langue presque sans pluriel :
**
Ce qui frappe les étrangers qui apprennent le hongrois, c’est que les
Hongrois semblent ne pas aimer le pluriel et l’utilisent
le moins possible et uniquement en cas de nécessité absolue.

Le pluriel existe pourtant et se termine toujours par la lettre **- **,
s
**k **ouvent précédée d’une voyelle de liaison.

Par
exemple : **virág** (*une fleur*) devient **virágok** (*des fleurs*) au pluriel.

Mais :
*3 fleurs* :

**3 virág **
(au singulier)
*quelques fleurs* :
**néhány virág **   (id.)
*beaucoup de fleurs* :
**sok virág **
(id.)
*la plupart des fleurs* :   **a legtöbb virág **  (id.)
*toutes les fleurs* :
**minden virág **   (id.)

Des mots comme **sok** *(beaucoup),* **néhány** *(quelques),* **minden** *(tous, toutes),* **a legtöbb** *(la plupart)* ainsi que les nombres
évoquent déjà le pluriel. Donc, pas besoin de mettre le nom au pluriel aussi : ce serait une sorte de pléonasme. Ma foi,
c’est parfaitement logique et cela simplifie bien les choses.

Le manque de goût des Hongrois pour le pluriel
se manifeste encore d’une autre manière :
\-
ils n’ont pas mal aux yeux ni aux dents mais à l’œil et à la dent ;
\-
ils ne mangent pas des fraises ou des cerises, mais
de la fraise ou de la cerise ;
\-
ils ne collectionnent pas les timbres mais du timbre.

**Une langue avec une conjugaison très simple :
**
Quant à la conjugaison, elle est en fait très simple. La difficulté, c’est cette double forme subjective et objective pour les
verbes transitifs. Mais sinon, elle n’a rien de compliqué :

  Il n’y a que trois modes :
l’indicatif – le conditionnel – le subjonctif.
Il n’y a pas d’impératif : c’est le subjonctif qui en tient lieu.
  L’indicatif a trois temps :
le présent – le passé – le futur.
Alors qu’en français il y a l’imparfait, le plus-que-parfait, le passé simple, le passé composé et le passé antérieur, il n’y a
qu’un seul temps passé en hongrois contre cinq en français.
Quant  au  futur, il  est très facile  puisqu’il se  conjugue  avec l’infinitif précédé  ou suivi de  l’auxiliaire  du futur, toujours le
même : **fog**.

  Le conditionnel a deux temps :
le présent – le passé.
Le conditionnel passé se conjugue avec l’indicatif passé suivi
de l’auxiliaire **voln **. Rien d
**a**
e plus facile \!

  Le subjonctif n’a qu’un seul temps :
le présent.
Quand on pense qu’en latin il y a le subjonctif présent, le subjonctif imparfait, le subjonctif parfait et le subjonctif plus-
que-parfait, on se dit que le hongrois est vraiment
une langue facile.

Et  il  n’y  a  rien  de  plus  simple  qu’un  tableau  de  conjugaison  hongroise  (voir  la  rubrique  *« Éléments  de  grammaire
hongroise »*). Il aura cet aspect tout simple :
* *

| |indicatif|conditionnel|subjonctif|
|---|---|---|---|
|*présent *| V | V| V|
|*passé *| V|V |X |
|*futur *| V| X| X|




Quant  aux  différences  de  couleurs  parmi  les  verbes  (sombres,  clairs,  mixtes),  elles  ne  représentent  pas  une  difficulté
majeure : on s’y fait sans peine.

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<span id="7"></span>Remarquons aussi que la plupart des verbes sont réguliers et que les verbes irréguliers sont rares et presque tous sur le
même modèle.

Notons  enfin  qu’il  n’y  a  pas  en  hongrois  de  modèles  multiples  de  conjugaison  comme  en  latin  (1re,  2e,  3e,  3e  mixte,  4e
conjugaison) ou comme en français (verbes du 1er, du 2e,
du 3e groupe…).

**Une langue qui structure le cerveau et dont l’apprentissage rend intelligent :
**
Pour conclure, je dirais ceci : tout le monde s’accorde pour dire que le hongrois est une langue difficile avec des difficultés
bien  réelles  comme  on  l’a  vu  ci-dessus,  mais  ces  difficultés  ne  sont  pas  si  nombreuses  qu’on  le  croit.  Il  suffit,  pour  les
surmonter, d’étudier régulièrement pour
s’imprégner de toutes ces formes qui ne paraissent pas
naturelles aux étrangers.

Et  puis,  cette  langue  est  vraiment  passionnante  à  apprendre  :  le  hongrois,  c’est  une  autre  manière  de  s’exprimer,  une
autre manière de penser et de raisonner. Pas étonnant si les Hongrois
sont de grands mathématiciens et des inventeurs de
génie. On n’a pas idée de toutes les inventions hongroises : l’eau pétillante, le stylo à bille, l’ordinateur, l’hélicoptère, la
dynamo, le réfrigérateur, la disquette, l’holographie, l’allumette, la télévision couleur, la vitamine C, et bien d’autres que
l’on trouvera sur *Google* en cherchant « inventions hongroises ». Et je me demande si la structure de la langue hongroise
n’est pas justement pour quelque chose dans ce génie inventif
des Hongrois.


**Une langue qui vaut vraiment la peine d’être étudiée :
**
Si  vous  êtes  venu  sur  ce  site  consacré  à  la  langue  hongroise,  c’est  que  vous  vous  intéressez  à  cette  langue.  Et  si  votre
objectif est de l’apprendre ou de vous perfectionner, n’hésitez pas. J’espère que la lecture de ces pages ne vous aura pas
trop découragé(e).

Et si, malgré tout, vous estimez que la langue hongroise est vraiment trop difficile pour être apprise ou comprise, dites-
vous bien que notre langue française est autrement plus difficile
que le hongrois \!
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